• LE LOUP/L'ENFANT ET L'ETOILE

     

    Le loup dit à l’enfant : ce que je sais des étoiles, petit d’homme, je vais te le confier.

    La vérité se trouve dans l’amour et l’amour est une étoile.

    C’est lorsque l’on cesse de chercher son étoile que l’on devient vieux.

    Le ver de terre, s’il est amoureux, est beaucoup plus proche des étoiles que l’aigle, si l’aigle n’aime pas.

    Sais-tu quel est le plus grand des bonheurs ?

    C’est d’apprendre, le jour où l’on découvre son étoile, qu’elle aussi te cherchait.

    Les étoiles ne sont pas muettes, tu le sais bien, toi, les étoiles parlent.

    L’homme ne les entend pas, mais un enfant oui, un loup aussi.

    L’homme pourrait comprendre le langage des étoiles s’il connaissait le silence des loups.

    Je sais aussi, petit d’homme que chaque être qui naît, naît en même temps que son étoile.

    Plus cet être, au cours de sa vie, sera capable d’amour, plus son étoile scintillera.

    Quand il mourra, son étoile lui survivra et sa lumière parlera de lui. Elle sera sa mémoire.

    Retiens aussi cela, petit d’homme, l’étoile qui brille si fort et qui te semble inaccessible n’est peut-être que le reflet d’une étoile que tu portes en toi.✨

     

    Jean-Paul SERMONTE

    Partager via Gmail Pin It

    2 commentaires
  • poésies choisies pour vous 

     J'arrive où je suis étranger

    Poète : Louis Aragon (1897-1982)

    Recueil : La Diane française (1944).

     

    Rien n'est précaire comme vivre 

    Rien comme être n'est passager 

    C'est un peu fondre pour le givre 

    Et pour le vent être léger 

    J'arrive où je suis étranger 

    Un jour tu passes la frontière 

    D'où viens-tu mais où vas-tu donc 

    Demain qu'importe et qu'importe hier 

    Le coeur change avec le chardon 

    Tout est sans rime ni pardon 

    Passe ton doigt là sur ta tempe 

    Touche l'enfance de tes yeux 

    Mieux vaut laisser basses les lampes 

    La nuit plus longtemps nous va mieux 

    C'est le grand jour qui se fait vieux 

    Les arbres sont beaux en automne 

    Mais l'enfant qu'est-il devenu 

    Je me regarde et je m'étonne 

    De ce voyageur inconnu 

    De son visage et ses pieds nus 

    Peu a peu tu te fais silence 

    Mais pas assez vite pourtant 

    Pour ne sentir ta dissemblance 

    Et sur le toi-même d'antan 

    Tomber la poussière du temps 

    C'est long vieillir au bout du compte 

    Le sable en fuit entre nos doigts 

    C'est comme une eau froide qui monte 

    C'est comme une honte qui croît 

    Un cuir à crier qu'on corroie 

    C'est long d'être un homme une chose 

    C'est long de renoncer à tout 

    Et sens-tu les métamorphoses 

    Qui se font au-dedans de nous 

    Lentement plier nos genoux 

    Ô mer amère ô mer profonde 

    Quelle est l'heure de tes marées 

    Combien faut-il d'années-secondes 

    À l'homme pour l'homme abjurer 

    Pourquoi pourquoi ces simagrées 

    Rien n'est précaire comme vivre 

    Rien comme être n'est passager 

    C'est un peu fondre pour le givre 

    Et pour le vent être léger 

    J'arrive où je suis étranger.

     

    Louis Aragon.

     

    ===

    Titre : À Jeanne

    Poète : Victor Hugo (1802-1885)

    Recueil : Les chansons des rues et des bois (1865).

     

    Ces lieux sont purs ; tu les complètes. 

    Ce bois, loin des sentiers battus, 

    Semble avoir fait des violettes, 

    Jeanne, avec toutes tes vertus.

     

    L'aurore ressemble à ton âge ; 

    Jeanne, il existe sous les cieux 

    On ne sait quel doux voisinage 

    Des bons coeurs avec les beaux lieux. 

     

    Tout ce vallon est une fête 

    Qui t'offre son humble bonheur ; 

    C'est un nimbe autour de ta tête ; 

    C'est un éden en ton honneur. 

     

    Tout ce qui t'approche désire 

    Se faire regarder par toi, 

    Sachant que ta chanson, ton rire, 

    Et ton front, sont de bonne foi. 

     

    Ô Jeanne, ta douceur est telle 

    Qu'en errant dans ces bois bénis, 

    Elle fait dresser devant elle 

    Les petites têtes des nids.

     

    Victor Hugo.

     

     

     

     

     

     

    Partager via Gmail

    1 commentaire
  •  

      Les voix

     

    N’y aurait-il alors que cette voix profonde

     

    perçue jadis dans la forêt d’enfance

     

    et le jardin d’amour et la rivière

     

    et la seule maison vive dans la mémoire

     

    où les femmes tissaient les mots de la légende

     

    voix venue de temps immémoriaux,

     

    passant de bouche en bouche

     

    et qui, dans le brouillard, nommait les dieux,

     

    car tout alors baignait dans l’absolue beauté

     

    de leur présence.

     

    Et ils couraient dans les moissons,

     

    mangeaient le pain,

     

    dormaient sur notre paille,

     

    tendres et familiers.

     

    C’est en musique désormais que leurs voix

     

    et la voix des femmes se prolongent

     

    et s’efforcent vers nous,

     

    vers l’espérance de nos cœurs.

     

    Et c’est alors qu’il faut saisir,

     

    aimer, bercer cette parole

     

    dans la naissance du poème.

     

     

     

    Jean Joubert

     

    Extrait du livre : « Les voix du poème »

    Partager via Gmail

    2 commentaires
  •  

    Le laboureur et le trésor

     

     

    Un laboureur entend un bruit bizarre sous le soc de sa charrue.

    Il va voir, et déterre un coffre rempli de pièces d'or.

    Une fortune pour lui!

    Il l'enterre au fond de son jardin. Qu'en faire?

    Il imagine quantité d'achats possible et décide finalement… de ne rien décider.

    Ce coffre de pièces d'or, ce trésor sera sa sécurité en cas de coup dur.

    Et cette sécurité change son caractère : de tendu, le voilà relaxé, de grincheux il

    devient aimable, d'intolérant il devient tolérant…

    …Il vit une belle vie, heureuse, sachant que quoiqu'il lui arrive, il pourra faire face.

     

     

    Sa dernière heure arrive.

    Avant d'expirer, il réunit autour de lui ses enfants et leur livre son secret.

    Puis il meurt.

    Le lendemain, ils creusent à l'endroit indiqué, et trouvent le coffre, mais… il est

    VIDE!

    Le laboureur s'était fait voler son or des  dizaines d'années auparavant!

     

    Contrairement à ce que l'on pourrait croire, dans notre vie courante, nous sommes en permanence hypnotisés.

    Nous sommes hypnotisés par de fausses croyances, et nous nous comportons comme si elles étaient la réalité.

    Le laboureur avait-il tort d’être heureux?

    Certainement pas. Il aurait eu tort… d’être malheureux, tout comme ceux qui se croient incapables d'inspirer l'amour, de réussir ou de devenir riches.

    Le champ de nos possibles est infini.

    Et si ce laboureur s'était cru dépossédé parce que son coffre de pièces d'or avait disparu, aurait-il dû en être désespéré ?

     

    Nous sommes tous riches. 

    Riches de potentialités extraordinaires.

    Riches parce que nous sommes uniques.

    Riches parce que nous vivons.

    Souvent, je suis étonné par le désespoir de personnes qui manquent d'argent.

    Elles se croient pauvres.

    Je leur demande : 

    combien seriez-vous prêt à me vendre votre main gauche? Et votre main droite? Et votre jambe gauche? Bien souvent aucune somme ne serait suffisante pour payer tout cela.

    Le simple fait de vivre est une richesse.

     

     

    Le fait de voir des couleurs, la beauté de la nature est une richesse – demandez à un aveugle.

    Le fait d'entendre les sons, leur harmonie comme leur discorde, de goûter le silence, d'être porté par la musique est une richesse – demandez à un sourd.

    Le fait de pouvoir se déplacer, monter un escalier, sauter, courir est une richesse – demandez à une personne qui est en fauteuil roulant.

    Le fait de pouvoir savourer les goûts, les saveurs, les nuances des aliments est une richesse – demandez à celui qui a perdu le goût.

    Le fait de sentir, d'aimer, de rire, de manger, de toucher, de savoir lire et écrire, d'avoir chaud…

     

     

    La liste de nos richesses quotidiennes, que nous oublions d'apprécier, tant nous sommes hypnotisés par d'autres préoccupations, est bien longue!

     

     

    Nous avons tous, au fond de notre jardin intérieur, un trésor caché, qui vaut beaucoup plus que toutes les pièces d'or du monde…

     

     

    Partager via Gmail Pin It

    4 commentaires
  • Dis-moi un mot, fais-moi un geste.

     

    Dis-moi un mot, fais-moi un geste

    Tu vois j'ai fait le premier pas

    Bien sûr je n'ai pas dit « je t'aime »

    Mais pourtant je chante pour toi

    Parce qu' il y a dans ton sourire

    Un monde que je ne connais pas

    Et comme c'est trop peu de le dire

    Je voudrais le vivre avec toi.

     

    J'aimerais t'écrire des poèmes

    Sur des mots que j'inventerais

    Des mots plus forts que des « je t'aime »

    Des mots que toi tu comprendrais

    Puis me perdre dans ton regard

    Me laisser aller au bonheur

    Oublier s'il est tôt ou tard

    Perdre toute notion de l'heure.

     

    Dis-moi un mot, fais-moi un geste

    C'est peu et beaucoup à la fois

    Et si c'est tout ce qu'il nous reste

    J'aurai quelques regrets, je crois

    Et je garderai dans mes rêves

    Le plus beau souvenir de toi

    Où tu me dis du bout des lèvres

    Tous ces mots que l'on dit tout bas.

     

    Moi j'ai besoin d'aimer pour vivre

    J'ai tant besoin de ton amour

    Et pas seulement pour survivre

    Mais pour exister au grand jour

    Moi j'ai besoin de la tendresse

    Que tu as jusqu'au bout des doigts

    Pour échapper à ma détresse

    Et reprendre confiance en moi

     

    Dis-moi un mot, fais-moi un geste

    Même si cela ne se fait pas

    Dans cette vie qu'est-ce qu'il nous reste

    De beau si l'on ne s'aime pas

     

    Dans cette vie qu'est-ce qu'il nous reste

    De beau si l'on ne s'aime pas

     

    Pierre Coutreau - juillet 1987

     

    Partager via Gmail

    5 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique