L'accent
Naître dans le midi
Et sans l’avoir choisi,
Ce coin de paradis,
Des Français, fait l’envie.
La mer et le soleil
C’est un vrais don du ciel
Et presque un héritage
Qu’on reçoit sans partage.
Oui mais voilà,
Au dessus de tout ça
On a reçu aussi
Cet accent du Midi.
Dés que l’on parle
Et que l’on dit « Maman »
C’est le chant des cigales ;
On le dit en traînent.
Dépassant nos frontières
J’ai connu Orléans ;
Je n’étais pas bergère
Mais j’amenais l’accent.
Etonnée qu’ils étaient
De m’entendre parler,
Je songeais il est vrai
A m’en débarrasser.
Et durant ces années
Ainsi bien entouré
L’accent tout doucement,
S’endormis lentement.
Aussitôt envolé
On allait le chercher
Avec quelques bons mots
Plus ou moins rigolo.
Et puis j’ai retrouvé,
Après bien des années
Cet endroit que jamais
Pour ne plus le quitter.
Mais tout a bien changé,
Je n’ai plus retrouvé,
Même chez les amis,
Cet accent du Midi
Avec les industries
Entourant le village,
C’est l’accent de Paris
Qui prend son avantage .
A présent, c’est fini !
Je m’en irai aussi.
Mais pour quelques années
J’entend bien le .garder !
Depuis la nuit des temps tu domines la plaine,
Comme un gardien jaloux surveillant son domaine..
Tu vois autour de toi, joyau de la nature,
Soulignant ta beauté, d'un écrin de verdure.
Lorsque tu m'apparais ta seule vue me grise,
Je suis émerveillé, muet sous ton emprise.
Je remonte le temps. tu possède la forme
D'un saurien allongé, d'un dinosaure énorme.
Ces monstres ont longtemps fréquenté tes parages :
N'y ont-ils pas laissé trace de leur passage ?
Puis, voici deux mille ans, tu voyais les Germains
Battus par Marius, un général romain.
Pour sceller son succès il te nomma \" Victoire \" .
Serait-ce une légende, ou s'agit-il d'Histoire ?
On t'appela Ventôse, aussi, pendant un temps,
Sainte-Victoire enfin est ton nom à présent.
Tu es le paradis du randonneur paisible
Qui trouve ton sommet charmant, et accessible.
Tes flancs sont sillonnés de sentiers sinueux
Bordés de terre rouge, rares épineux.
La chapelle Saint-Ser se découvre soudain
Envahie par les herbes, dans un pli de terrain.
A tes pieds des bastides portent des noms chantants,
Tels Le Luc, Subaroque, Piconin , Bramefan .
Et vers le côté Nord, sur le bord du chemin
Un puits, un abreuvoir, taillés par les anciens :
Incontournable halte des troupeaux de moutons
Qui ne manquaient jamais de boire au puits Dauzon .
Tu changes de couleur à l'heure du couchant,
Passant du bleu lavande au rouge flamboyant.
A Cézanne tu dois d'être immortalisée,
Et ces oeuvres figurent dans les plus grands musées.
Plus heureux nous pouvons, sous un ciel merveilleux,
Habiter près de toi et t'avoir sous nos yeux.
Éditer
je crie tres fort...........
J'écris tout fort
j'écris
en silence
je crie
dans l'indifférence
pour ceux qui sont sans voix
pour ceux qui sont sans toit
j'écris
pour les nouveaux-nés
qu'on tue ou qu'on laisse à l'abandon
parce qu'ils sont filles et garçons
pour les enfants
qui ne vont pas à l'école
parce qu'ils travaillent ou qu'on les viole
exploités par des escrocs
ou prostitués par des maquereaux
j'écris
pour ceux qui sont sans emploi
et qui n'en trouveront pas
pour les femmes que l'on bat
et celles qu'on jette sur le trottoir
qui vivent dans le désespoir
j'écris
faute de ne pouvoir crier
ma révolte face à la justice
celle qui s'impose
celle qu'on trafique
celle des juges fantoches
celle des policiers qui tabassent
et qui mettent des gens en prison
sans procès ni raison
j'écris
pour ceux qu'on torture
parce qu'ils revendiquent
parce qu'ils critiquent
j'écris
pour tous ceux qu'on méprise
et qui ne peuvent se défendre
pour ceux qui meurent dans l'oubli
dans les souffrances
celles de la faim ou de la maladie
j'écris
pour les victimes de la guerre
pour les réfugiés qui ont tout perdu
pour dénoncer les gouvernements
qui se ferment les yeux et qui laissent faire
parce que ces iniquités font bien leur affaire
j'écris
parce que j'ai honte
de ce que je suis
parce que j'ai honte
de l'époque où je vis
j'écris
pour ne pas me taire
je crie
pour ne pas être complice
en silence
j'écris tout fort